| S'OUVRIR
DE L'INTERIEUR A LA PAIX
- On oppose souvent ces deux termes « guerre
» et « paix », mais nous le savons,
la paix n’est ni l’antidote à la
guerre, ni sa solution. Elle est une qualité
particulière de la vie caractérisée
par de la confiance, de l’harmonie, de la compassion
envers soi et envers les autres. Faire la paix, être
en paix me semble être la résultante
d’une démarche, c'est à dire d'un
travail d’éveil, de conscientisation
et d'archéologie personnelle, ce que j’appelle
un travail sur soi.
L’homme
a toujours été un prédateur;
un prédateur pour sa survie, un prédateur
pour la conquête de son territoire, un prédateur
pour l’impérialisme de ses idées
ou de ses croyances. Il est devenu aujourd'hui un
redoutable prédateur non seulement pour l'ensemble
du vivant de cette planète mais surtout pour
lui même Car les violences les plus terrifiantes
qu’il peut imposer, sont parfois celles qu’il
va s’infliger à lui-même.
La paix dans le
monde ne peut résulter du seul équilibre
des rapports de force, de la négociation ou
des alliances entre les états. La paix dans
le monde ne peut s’installer de façon
durable qu’à partir d’un apaisement
intérieur, aboutissant à la paix en
soi.
La paix en soi ne relève pas non plus du seul
développement harmonieux d’un individu,
ni de la réponse satisfaisante à ses
besoins vitaux, mais de deux grands facteurs qui me
semblent aujourd’hui sous estimés dans
l'éducation familiale et scolaire) :
* la satisfaction
des besoins relationnels primaires
* l’ancrage de certaines valeurs posées
comme des balises (points de repères fixes)
pour permettre (à tout enfant,) à tout
être humain de se relier aux autres dans une
réciprocité, une mutualité qui
n’aliène ni son autonomie, ni ses ressources,
ni celles de l'autre.
Je vois la paix
comme une minuscule graine reçue en cade par
chacun dans les premiers moments de la vie, dont la
maturation supposera des soins, de l’attention,
de la rigueur dans l’éducation, dans
l’accompagnement d’un enfant.
Je vois la paix
comme un ancrage central, liée à une
reconnaissance essentielle, celle que la parcelle
de vie que nous avons reçue en dépôt
au moment de notre conception, fait partie du Tout
primordial et qu’elle nous relie ainsi à
la totalité de la présence du vivant.
Les fondements les plus archaïques, les plus
profonds, les plus vitaux de la paix sur notre planète,
sont la nécessité non seulement de maintenir
vivante, la vivance de la vie, mais de l’agrandir,
de l’embellir, de lui donner tout l’espace
qu’elle mérite aux fins de la prolonger
ainsi, bien au-delà de l’existence de
chacun, dans un futur plus apaisé.
En ce sens, on
pourrait dire que la recherche de la paix serait une
des missions spécifiques qui incomberait à
chaque être humain, pour donner un sens à
son passage sur la terre. L’humanité,
jusqu’ici n’a pas suivi cette voie, la
voie de la paix qui consiste à protéger
le vivant, sous toutes ses manifestations, des déviances
du vivant.
Quelques individus, quelques sages, quelques prophètes
se sont aventurés sur cette voie;
quelques mouvements aussi, se sont mobilisés
avec des modalités souvent réactionnelles,
pour sensibiliser à la nécessité
de la paix et pour lutter contre la violence, la guerre,
la destruction.
Il y a eu souvent
ce mouvement de balancier, de restauration nécessaire,
mais qui ne devrait pas nous faire oublier qu’un
seul jour de guerre laisse plus de traces et plus
de dégâts dans un paysage, dans le cœur,
le corps et l’esprit d’une nation, d’un
individu, que cent jours de paix.
Il ne suffit pas de ne pas vouloir la guerre, aujourd’hui
il faut rechercher et défendre la paix, il
faut même être plus exigeant , il faut
vouloir implanter les bases d’une éducation,
d’un enseignement universel à la paix,
qui puisse toucher chaque enfant, chaque être
en devenir.
Nous sommes aujourd’hui,
plus que jamais dans l’histoire de l’humanité,
des êtres planétaires concernés,
touchés, associés à tout ce qui
surgit, à tout ce qui se passe en chacun des
points de cette planète. La Terre nous a accueillis,
il y a quelques millions d’années, elle
nous a permis de grandir et aussi de l’exploiter,
de la maltraiter, de la violenter avec des moyens
et des efforts qui ne sont plus aujourd’hui
simplement manuels ou ponctuels, circonstanciels ou
aléatoires pour répondre à notre
survie. Mais avec des outils technologiques d'une
efficacité redoutable, avec des impacts qui
sont devenus excessifs, durables et parfois irrémédiables.
Aujourd’hui,
sommes-nous vraiment des êtres responsables
quand nous acceptons de laisser en dépôt,
en héritage au fond des océans, dans
la couche d’ozone, dans des grottes ou des bunkers,
de quoi polluer, de quoi assassiner la vie de nos
arrières petits enfants et d'une foultitude
d'espèces végétales et animales,
qui disparaissent chaque année ?
- Oui, je suis
pour faire la paix avec chacune des parcelles de vie
qui m’habite !
- Oui, je suis pour une éducation à
la paix(, pour une éducation qui pourrait être)
enseignée à l’école comme
une matière à part entière,(
mais qui pourrait faire aussi l'objet d'une transmission,
d'un approfondissement tout au long de la vie.)
- (Oui je me sens partie prenante pour m'engager à
ne plus maltraiter la vivance de la vie. La vie, ce
miracle permanent dont nous sommes chacun porteur
à tout instant) |