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AUJOURD'HUI
LA FEMME
Je ne
crois pas qu’il soit souhaitable (malgré
la prédiction superbe d’Aragon) de continuer
à confiner la femme dans l’avenir de
l’homme, je crois surtout qu’elle est
son présent.
Son présent
à temps plein, si chaque homme sait entendre
aussi la part de féminin qu’il y a en
lui. Son présent à chaque instant pour
pouvoir goûter sans hésiter toutes les
nuances et les subtilités qui traversent l’infini
d’un échange, l’accomplissement
d’un partage.
Un présent
pour lui rappeler la douceur de vivre, pour lui permettre
de garder les yeux ouverts sur les miracles permanents
de la vie, pour le confirmer sur la nécessité
aussi de construire l’avenir avec autre chose
que des armes, des OGM ou des pesticides.
Un présent
à apprivoiser au quotidien, à vivre
non pas à part égale mais avec équité,
c’est à dire selon les besoins vitaux
de chacun, qui comme chacun le sait ne sont pas les
mêmes pour l’un et pour l’autre.
Je garde pour
la femme, pour toutes les femmes un regard toujours
étonné, émerveillé et
aussi prudent. Car je sais mes maladresses, mes conditionnements,
mes erreurs passées, mes aveuglements actuels
et je ne voudrais éviter au maximum les errances
et les malentendus à venir. Ne plus perdre
du temps à m’égarer quand je suis
avec elles. Je voudrais être à même
de mieux m’accorder avec chacune, cela veut
dire aussi, pouvoir maintenir vivant le sentiment
que nous pouvons échanger et partager sans
avoir besoin de nous dominer ou de disqualifier mutuellement.
Je sais combien
nos attentes et nos rêves sont différents,
portés par des dynamiques qui parfois pourraient
s’opposer et même s’annuler, je
sais aussi que nous avons à apprendre, nous
les hommes, à mieux communiquer, c’est
à dire à mettre en commun avec elles.
C’est peut
- être notre insuffisance la plus grande, cette
difficulté à témoigner de nous,
à exprimer nos sentiments, à reconnaître
nos émotions, à oser se dire au plus
près de ce que nous ressentons sans nous laisser
piéger par des discours sur les autres ( ce
dont nous sommes friands), sur ce qui se passe ailleurs
(comme si le lointain était plus important
que le prochain), sur les grands fléaux de
l’humanité (sur lesquels nous avons tellement
d’idées et de solutions) sur les censures
que nous exerçons sur nous - mêmes à
partir d’une répression imaginaire envahissante
(quand nous pensons à la place de l’autre
qu’il ne peut pas, qu’il ne saura pas,
qu’il va penser que...).
Aujourd’hui
la femme, dans chaque instant, car je crois qu’elles
ne posent pas le même regard que nous les hommes
sur les choses de la vie sur l’amour, sur le
plaisir, sur les enfants, sur l’éducation,
sur l’écologie, sur la nécessité
de vivre au présent. Et qu’il me paraît
important d’entendre ce regard, de le laisser
naviguer en nous pour le confronter à nos propres
croyances et certitudes.
Aujourd’hui
la femme, parce qu’il y a une urgence à
apprendre à gérer en commun ce monde,
cette planète qui nous accueillis tout au début
de l’humanité. Pour ne plus nous contenter
d’y survivre mais de veiller à sa protection,
à son entretien, à établir avec
la Terre une relation maternante, une relation d’amour
et de bienveillance. Car je crois que les femmes ont
cette qualité innée, profonde, toujours
vivace de veiller à la conservation de la vie. |