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Carnet de voyage
Chapitre V : La famille de Dolma
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Dolma
et sa famille habitent non loin du stupa de Swayambunàth,
à l'ouest de Katmandou. Nous vous en avons déjà
parlé, toute la vie de cette famille gravite
autour de la religion tibétaine, donc normal
qu'elle soit installée pratiquement au pied du
stupa, ce que nous appellerions, dans notre tradition
chrétienne, une église, là au demeurant,
une cathédrale -
Nous arrivons devant l'immeuble, traversons
une cours complètement défoncée,
comme des tranchées en temps de guerre. Pas de
lumière dans la cage d'escalier, elle aussi dans
un triste état, lampe de poche et bougie, nous
arrivons -
Les parents nous accueillent, chaleureusement,
nous tombons dans les bras de la maman, en habit tibétain,
ses yeux et son sourire sont irrésistibles (malgrè
la barrière de la langue, Mahindra n'est pas
là pour traduire) nous sympathisons - |
Cette famille vit dans
1 pièce et une cuisine, sans eau courante, ni dans
la cuisine ni ailleurs, donc pas de w.c. ni de salle d'eau
- Les parents dorment dans la cuisine, à même
le sol, sur un tapis.
Les 4 enfants dorment
dans la pièce principale, également sur les
tapis, une armoire métallique, des coffres pour mettre
leurs effets - c'est tout -
Le papa nous rejoint,
échange de cadeaux, les écharpes bien sûr,
des photos du Dalaï-Lama, nous des stylos en argent pour
toute la famille, de l'argent à la maman -
Le papa nous conte son
histoire, il a quitté le Tibet à l'âge
de 24 ans (il en a aujourd'hui 70), s'est marié, sa
femme a actuellement 50 ans, ils ont eu 4 enfants, et toujours
cette famille vit et respire à travers le Dalaï-Lama
et le bouddhisme tibétain - Il a travaillé dans
une usine de tapis et dit et redit que sans les parrainages,
il n'y aurait pas eu possibilité que ses enfants fassent
des études - il prie, remercie, c'est touchant -
Nous étions invités
à diner, mais nous mangeons seuls, c'est la tradition,
et de plus, toute la famille est pratiquement végétarienne.
Repas de fête, soupe de nouilles à la chinoise,
crudités, petits morceaux de poulet -, c'est délicieux,
regret devant les crudités, les consignes sanitaires
étant ce qu'elles sont (ne pas boire de l'eau - sauf
en bouteille -, ne manger ni fruits ni légumes crus)
difficile de résister à ces beaux légumes
-
Il m'est presque impossible
de manger, j'ai constamment en tête ce qu'ils ont dépensé
pour ce repas, une somme énorme, et qu'il leur restera
ainsi de quoi se substanter après notre passage -
Leur petit chien tibétain
(gardien des lamas, le papa m'affirme que dans sa prochaine
réincarnation, il reviendra en humain) ne me quitte
pas, de sorte que toute la famille me l'offre au départ,
je suis bien déçue, car c'est la race de chien
que je me souhaite depuis des années, je suis obligée
de le refuser, car notre voyage est encore long, et le passage
en Inde, par avion, fait qu'il est impossible de voyager avec
un animal.
Je me console en me disant,
la prochaine fois -
Nous les quittons, bien tristement -
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